L’Etat marocain et le ministère de l’Industrie et du commerce vont accompagner l’écosystème Renault Maroc, c’est-à-dire le constructeur automobile Renault Maroc et tous ses partenaires sous-traitants équipementiers, pour décarboner l’industrie automobile et la rendre plus propre. L’opération démarrera à la mi-2023. 
La décarbonation industrielle s’accélère dans le Royaume. En marge de la 15e conférence de la Fédération de l’énergie, tenue en début de semaine, à Rabat, plusieurs projets lancés dans ce cadre ont été dévoilés, lors du panel dédié au thème : «Décarbonation de l’industrie nationale, nouveau levier de compétitivité internationale». Parmi eux, il y en a un qui mérite beaucoup d’attention. C’est notamment celui en cours de préparation entre le fabricant automobile Renault Maroc, l’État et le ministère de l’Industrie et du commerce.
«L’État marocain et le ministère de l’Industrie et du commerce vont accompagner l’écosystème Renault Maroc, c’est-à-dire le constructeur automobile Renault Maroc plus tous ses partenaires sous-traitants équipementiers, pour décarboner notre industrie automobile et la rendre plus propre», a notamment révélé Mohamed Bachiri, directeur de Renault Maroc, lors du panel. Le démarrage est notamment prévu à la mi-2023 et l’opération s’étendra jusqu’en 2030, est-il expliqué. «Actuellement, nous sommes en train de travailler sur la feuille de route de ce projet très structurant pour l’industrie automobile marocaine», a-t-il poursuivi.
De solides références en matière de décarbonation
On ne connaît pas le détail sur tous les aspects de la décarbonation qui sera engagée. Est-ce qu’il s’agira juste de décarboner les pièces automobiles fournies par les équipementiers et donc leurs process de fabrication? Ou est-ce que tous les sous-traitants de l’écosystème devront complètement se verdir, en adoptant les principes de l’efficacité énergétique, notamment pour être mieux noté, en prévision des réglementations strictes qui seront prochainement appliquées sur le marché carbone européen, par exemple ? En attendant d’avoir ces réponses, ainsi que le coût de l’opération et le séquençage de la décarbonation, il faut signaler que ce projet est en fait l’un des trois objectifs que l’écosystème Renault Maroc s’est vu assigner par les pouvoirs publics, dans le cadre du contrat-programme 2021-2030, signé avec l’État en juillet dernier.
En effet, le premier objectif de ce contrat-programme est d’améliorer l’intégration locale de 80%, contre 60% actuellement. Deuxième objectif : le nombre de pièces automobile fabriquées au Maroc doit monter, à l’horizon 2025, à un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros, contre 1,3 milliard d’euros au moment de la signature de l’accord. A signaler que le donneur d’ordres Renault Maroc a de solides références en matière de décarbonation industrielle.
Renault Tanger Melloussa, une usine bientôt 100% propre
En effet, «la stratégie de décarbonation de Renault, notamment de son usine de Tanger Melloussa, remonte à ses origines. En effet, dès sa conception, cette usine a été conçue comme étant une unité industrielle propre. C’est-à-dire que c’est une usine qui n’émet pas de gaz à effet de serre et de rejets industriels. C’est une usine unique dans l’industrie automobile mondiale», a expliqué Bachiri.
Sur 100% de l’énergie consommée à Renault Tanger Melloussa, 60% proviennent de l’énergie éolienne. Il y a un parc éolien installé à côté et connecté à l’usine. 30% de l’énergie utilisée pour la peinture et le traitement de surface proviennent de la biomasse, notamment de grignons d’olives achetés à des coopératives agricoles et des palettes de bois broyés reçues de l’automobile. Les 10% d’énergie qui restent sont constitués de GPL (Gaz de propane liquéfié) dont 50% des émissions sont compensées par la plantation de 20.000 arbres.
«Nous projetons de planter 20.000 autres arbres cette année pour que l’usine devienne 100% propre», révèle le directeur de Renault Maroc. Au-delà de la décarbonation, l’efficacité énergétique est aussi un sujet très important pour Renault Maroc. «C’est bien d’avoir de l’énergie propre, mais il faut bien la consommer. C’est pourquoi nous sommes en train d’aller vers la digitalisation et l’industrie 4.0 où nous sommes en train de développer des applications avec la fondation MasCir qui pourront nous permettre de mieux anticiper la consommation des installations de l’usine, et prévoir les arrêts de chaîne pour optimiser le fonctionnement global de l’usine», poursuit Bachiri. A signaler que Renault Maroc est également très impliquée dans le recyclage des déchets.
«Il faut savoir que nous sommes une usine qui émet des déchets dits normaux mais également des déchets dangereux. Pourquoi je parle des déchets dangereux surtout, parce qu’au Maroc s’il y a une recommandation, que je souhaite faire, c’est de développer la filière de la transformation des déchets dangereux. C’est une filière qui reste encore renfermée et les textes de loi doivent bouger un peu plus, voire s’accélérer pour que l’on puisse capter de la valeur ajoutée en tant que client», ajoute-t-il. Concernant la décarbonation, Renault Maroc a un énorme projet entre Tanger et Casablanca de 42 hectares. Sur cette surface de ces usines, l’entreprise va remplacer tout l’éclairage par des lampes led, à partir de cette année. Cela permettra d’avoir de l’énergie propre, de consommer moins et de faire baisser la facture énergétique.
Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO

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