Il s’agit de la taxe carbone que l’Europe va appliquer aux frontières. Avec 75% des exportations destinées à l’Europe, le manque à gagner serait énorme.  Un nouvel handicap qui risque de se rajouter au problème de la compétitivité du tissu économique principalement celui orienté à l’export. C’est pourquoi la décarbonisation de l’industrie marocaine devient inéluctable.
Surtout que notre industrie représente 30% des émissions de CO2 « énergie » dont les trois quarts sont émises par les ciments et phosphates, grands consommateurs d’énergie.
Conscient de l’impératif d’adapter au plus vite l’industrie marocaine aux nouvelles exigences européennes, le Maroc a mis la décarbonisation de l’industrie une priorité nationale. Mais concrètement qu’est-ce qui a été fait à ce jour ?
Selon la note de conjoncture du CMC, les principales dispositions publiques en faveur de la décarbonation de l’industrie marocaine adoptées à ce jour sont contenues dans deux documents de politique environnementale clés à savoir : la stratégie nationale de développement durable qui vise à mettre en œuvre les fondements d’une économie verte et inclusive à l’horizon 2030 et la Stratégie Bas Carbone à Long Terme Maroc 2050 soumise fin 2021 par le Maroc aux Nations unies.
« Il en ressort que la décarbonation avancée du secteur électrique et le déploiement à grande échelle des énergies renouvelables avec une part dans le mix électrique en 2040 et 2050 à hauteur de 70% et 80%, offrent un environnement favorable à la décarbonation des activités industrielles. Les émissions du secteur électrique, très carboné actuellement, se retrouvant en effet sous forme d’émissions indirectes dans les secteurs qui consomment l’électricité », lit-on dans ladite note.
Le CMC précise en l’occurrence, qu’une réduction importante des émissions industrielles requiert un recourir en plus à un éventail de mesures incluant l’efficacité énergétique ; l’électrification accrue des usages ; le verdissement de la commande publique ; la fiscalité verte et un système public d’aides, de sanctions et d’incitations ; les substitutions énergétiques ; la réduction des matériaux à la source, le recyclage des matériaux, la digitalisation des technologies et méthodes industrielles…
« Si certaines de ces technologies sont disponibles, matures et viables économiquement, ce n’est pas le cas pour d’autres et certaines applications nécessiteront des avancées supplémentaires voire des ruptures technologiques, nécessitant une stimulation de l’Etat pour encourager l’innovation et couvrir une partie des risques technologiques », précise la note.
Certes le Maroc s’est fixé des objectifs à l’horizon 2050 en matière de décarbonation à travers la Stratégie Bas Carbone, toutefois, les nouvelles exigences imposent une accélération de la décarbonation notamment des secteurs les plus émetteurs de CO2. C’est pourquoi le Maroc préconise de commencer par les grands industriels, à la fois les plus émetteurs et les plus aptes d’opérer la transition.
« Par ailleurs, les pouvoirs publics travaillent sur un projet de zones industrielles au carbone neutre et des lignes de financement pour encourager l’investissement dans les technologies vertes. Une norme marocaine reconnue au niveau européen pour évaluer le bilan carbone des entreprises nationales est un autre chantier important », précise le CMC.
La question que tout le monde se pose : à ce rythme et avec les mesures prises par le gouvernement l’industrie marocaine parviendra-t-elle à relever le défi de la décarbonation dans les délais impartis ?
Porté par l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique, le chantier de décarbonation de l’industrie marocaine est certes enclenché. Nonobstant, il n’est pas certain que l’industrie sera au rendez-vous.
« L’horizon temporel à long terme des principales stratégies n’est pas à même de garantir que l’industrie marocaine sera prête à temps pour affronter la nouvelle donne de taxe carbone européenne. Les chantiers en préparation dans ce sens devraient être finalisés et mises en œuvre rapidement en vue de favoriser la compétitivité de l’industrie marocaine à l’export », tient à alerter le CMC.












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