Pari énergétique gagné pour la CIF qui n’a pas lésiné sur les moyens. Entre diversification et décarbonation, la firme belgo-marocaine maintient sa position de leader
Réduire la facture énergétique, tel est le pari sur lequel a misé la Compagnie industrielle des fibres (CIF). Un défi qu’elle a su relever avec brio. En 2021, la compagnie a revu sa stratégie de développement en investissant massivement dans les énergies renouvelables. Ce sont près de 20 MDH qui ont été alloués pour équiper son parc industriel, qui s’étale sur 2 hectares, de panneaux photovoltaïques. Dotés d’une puissance totale de 2 700 Kw, les 6 800 panneaux solaires installés permettent ainsi de couvrir 22% de la consommation d’énergie, soit 4,3% Gw par an. Un exploit que le top management affiche fièrement et atteste qu’il s’agit du premier parc privé photovoltaïque du pays.
Une ambition de 100% en énergie verte
Dans le même sillage, les dirigeants indiquent que l’énergie verte consommée par la firme s’élève à 84%, en complémentarité avec l’éolien. Et la volonté d’atteindre les sommets ne fait que grimper. En effet, cette compagnie leader en matière de fabrication de sacs tissés en polypropylène ambitionne 100% d’énergie verte à l’horizon 2025. Et pour y parvenir, la compagnie est en pourparlers avec des sociétés spécialisées. Par ailleurs, les changements entamés ont permis à la CIF de réduire sa facture énergétique de 11%.
En outre, en termes d’impact environnemental, le top management certifie ne verser aucun rejet solide, sous prétexte que l’ensemble des déchets plastiques sont recyclés et valorisés. Idem pour le rejet liquide pollué du moment que l’entité dispose d’une station de traitement des eaux. Même constat pour le rejet gazeux. Dans la même perspective de développement, la CIF s’est munie de machines moins énergivores.
Un nouveau bâtiment de 5000 m2
Un nouveau bâtiment d’une superficie de 5000 m² vient d’être inauguré. Il est notamment conçu pour accueillir de nouvelles machines dédiées à la fabrication de nouveaux produits, en l’occurrence les emballages flexibles. Ce nouveau site produit d’ores et déjà 12 tonnes au quotidien. Une capacité que la firme envisage de porter d’ici 2025 à 45 tonnes. Il est important de préciser que depuis sa création en 1951, l’entreprise a opté pour une politique de diversification.
En effet, c’est à Tanger que l’aventure de la famille Blondeau a commencé. Le fondateur, qui vivait en Belgique à l’époque, était le patron d’une raffinerie de sucre dont l’emballage s’effectuait dans des sacs en toile de jute et, pour s’en approvisionner, un des membres de la famille s’est orienté vers Tanger. Le hasard a fait qu’il décide de lancer une usine de fabrication avec Alfred Cruysmans, un ami de la famille rencontré au Maroc.
De la transformation des matières synthétiques à la diversification des matières plastiques en passant par la fabrication des sacs laminés, CIF s’est imposée, de fil en aiguille, sur le marché marocain jusqu’à détenir la position de leader avec 40% de parts de marché.
En 2009, la compagnie a marqué un nouveau tournant dans son histoire, celui de l’exportation notamment vers l’Afrique, au point d’implanter une manufacture au Sénégal en 2015. «Si la compagnie a prospéré jusque-là, c’est parce que nous accordons une place capitale aux changements technologiques, en plus de la diversification qui nous permet aujourd’hui de maîtriser toute la chaîne de valeur.
Et la filiale sénégalaise ne déroge pas à la règle. Elle opère suivant le même business model. J’ajouterais que des projets d’investissement sont envisageables», dévoile Olivier Steisel, directeur général de la CIF.
Dans la même optique, la compagnie s’est lancée dans les emballages flexibles et des sacs fond plat, en 2020. Au bout d’un an, une autre unité de production s’est rajoutée à la liste. Il s’agit des sacs complexés. Pour rappel, la CIF a été sélectionnée pour investir dans l’emballage flexible multicouche dans le cadre du plan d’accélération industrielle.
Aujourd’hui, la compagnie industrielle des fibres demeure un des fleurons de l’industrie marocaine. Elle emploie 695 collaborateurs et opère sur une superficie de 7,5 hectares dont 3,5 couverts. Sa capacité de production est estimée à 850 000 sacs par jour et 15 tonnes de ficelle. Et en matière de décarbonation, le progrès est irréprochable. Un modèle à suivre.
Maryem Ouazzani / Les Inspirations ÉCO
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