Optez pour des fonds investis dans des mégatendances, qui vont transformer durablement notre quotidien
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Après une année 2021 extrêmement porteuse sur les marchés financiers, l’exercice 2022 s’annonce plus complexe. “Le climat des investissements semble s’assombrir de plus en plus, souligne Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM, dans une note rédigée mi-mai. La croissance économique mondiale ralentit, l’inflation augmente, aucune résolution à l’invasion de l’Ukraine par la Russie ne se profile et de nouveaux confinements liés au Covid frappent l’ensemble de la Chine, ce qui freine la croissance.” A l’heure où nous bouclons ces pages, le CAC 40, l’indice phare de la place de Paris, perd 12 %, le MSCI All Countries World Index, reflet des marchés internationaux, recule de 16 % et le Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques américaines, est en chute de 25 %… 
Certes, l’année n’est pas terminée, mais ces mauvais chiffres sont là pour rappeler que la progression des marchés financiers n’est jamais régulière et qu’il est, de ce fait, nécessaire d’investir en Bourse à long terme. C’est encore plus valable lorsqu’on opte pour des fonds thématiques. En effet, ces produits sont construits selon des mégatendances de très long terme qui transforment structurellement la société, à l’instar de la démographie, de l’urbanisation, de la digitalisation de l’économie… A partir de ces données, les sociétés de gestion identifient des thématiques d’investissement porteuses, car susceptibles de profiter d’une croissance supérieure à la moyenne. Voici 5 thèmes d’avenir, à utiliser à petite dose, pour diversifier son portefeuille.  
On entend parler que de cela depuis six mois, pourtant le concept n’est pas neuf. Les métavers sont des univers virtuels immersifs, issus du monde du jeu vidéo. “C’est une évolution naturelle d’Internet, où les expériences vont devenir plus immersives, instantanées et en 3D”, explique Pauline Llandric, gérante chez Axa IM. Une utopie ? Pas pour Bloomberg Intelligence, qui évalue ce marché à 500 milliards de dollars et prédit une croissance moyenne d’environ 12 % par an d’ici à 2024. Il existe quelques fonds indiciels (ETF) sur cette thématique, cotés aux Etats-Unis et au Canada. Depuis peu, la société de gestion Axa IM a lancé le fonds Axa WF Metaverse, avec un portefeuille resserré sur 40 à 60 titres. Les gérants ciblent plusieurs sous-thèmes : les jeux vidéo, les réseaux sociaux, mais aussi le travail.  
“Nous nous intéressons d’une part aux environnements de travail immersifs et collaboratifs, et d’autre part à l’utilisation des métavers dans l’industrie, notamment pour la conception de prototypes, détaille Pauline Llandric. Enfin, le fonds comprend une dimension technologique avec des acteurs du monde des paiements, de la cybersécurité… Quelles différences avec un fonds technologique standard ? Moins de grosses capitalisations et la possibilité de cibler quelques acteurs sans lien avec le secteur. “Nous investissons dans un acteur de la santé qui fait de la rééducation immersive”, cite en exemple la gérante. Si le fonds est trop récent pour évaluer ses performances, son profil le conduit à amplifier les mouvements de marché. A consommer avec modération ! 
En 2015, lors de l’accord de Paris, 196 pays se sont engagés à limiter le réchauffement climatique à un niveau bien inférieur à 2 °C par rapport au niveau préindustriel. Pour tenir cet objectif, les besoins sont colossaux. Les États débloquent donc des fonds importants pour favoriser la transition écologique, à l’image du Green Deal européen. Un vaste chantier auquel la finance prend part, en dirigeant les capitaux vers les entreprises clés pour la transition énergétique. L’engouement est tel qu’au niveau mondial, les fonds axés sur le climat ont vu leurs actifs doubler l’an dernier, pour atteindre 408 milliards de dollars, selon Morningstar. L’offre est pléthorique. Le fournisseur d’informations financières explique qu’il existe plusieurs typologies de fonds dans cet univers.  
Parmi eux, des produits “low carbon”, qui ciblent des entreprises dont l’activité est peu émettrice de CO2. D’autres supports privilégient les sociétés dont les produits et services concourent à la transition énergétique. Parmi ces derniers, citons les fonds Pictet Global Environmental Opportunities (Pictet AM), Mirova Global Climate Ambition Equity Fund (Mirova) ou encore le support Candriam Sustainable Equity Climate Action Fund (Candriam). Ce dernier peut opérer dans les énergies renouvelables, mais aussi le stockage et l’efficacité énergétique, les véhicules électriques… Il intervient également sur toute la chaîne de valeur, des matériaux de production jusqu’au recyclage. Après une performance de 40 % en 2020, puis de 24 % en 2021, le fonds recule de 21 % depuis le début de l’année. Il existe aussi toute une gamme de fonds indiciels (ETF) alignés sur l’accord de Paris. Pour revendiquer cette dénomination (le nom du fonds comporte alors le terme “PAB” pour Paris-aligned benchmark), ces fonds doivent avoir une intensité carbone au moins 50 % inférieure à leur univers d’investissement la première année et ensuite atteindre un objectif de décarbonation d’au moins 7 % par an.  
Si les thématiques environnementales et technologiques ont le vent en poupe depuis plusieurs années, celle du bien-être s’est révélée plus récemment. Selon le gestionnaire Allianz GI, ce marché affiche une croissance deux fois supérieure à celle de l’économie. Le terme recouvre de nombreux secteurs d’activité, dont l’activité physique, l’alimentation saine et la nutrition, la médecine, le tourisme du bien-être… L’approche des gérants peut, de ce fait, prendre différentes formes : Allianz GI propose un fonds Sport et bien-être, incluant 3 piliers : sport et fitness (vêtements, équipements, clubs sportifs) ; alimentation et nutrition ; sports, loisirs et divertissements. Mais d’autres gérants proposent des approches plus ciblées.  
Chez Pictet AM, on trouve un fonds Pictet Nutrition, centré sur l’alimentation de demain, ou un fonds Pictet Human, qui cible la quête d’une vie épanouie au travers des loisirs, de l’éducation et des soins. Plus original, la société de gestion Triodos IM vient de lancer un produit axé sur le bien-être et le développement des enfants. Autre dimension possible : le bien-être au travail, avec par exemple Sycomore Europe Happy@Work (de Sycomore AM). 
Pourquoi s’intéresser à l’hydrogène ? Car ce gaz que l’on peut stocker et transporter est au coeur de la transition énergétique. Certains le considèrent comme le carburant du futur. S’il est aujourd’hui essentiellement produit à partir d’énergies fossiles, de nouvelles techniques de production permettent de créer un hydrogène “vert”, peu émetteur de gaz à effet de serre. La France a d’ailleurs mis en place une Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné, dotée de 7 milliards d’euros de soutien financier d’ici à 2030. La Commission européenne a également de grandes ambitions en la matière. Le sujet est encore récent et les produits permettant de miser sur cette tendance sont peu nombreux. Il existe quelques fonds indiciels dont L&G Hydrogen Economy UCITS ETF ou BNP Paribas Easy ECPI Global ESG Hydrogen Economy UCITS ETF. La société de gestion CPR AM vient également de lancer une stratégie sur l’hydrogène, dans le cadre d’un fonds de gestion active, CPR Invest Hydrogen.  
“Nous couvrons toute la chaîne de valeur de l’hydrogène, depuis l’amont, avec la production d’énergie verte, jusqu’à l’aval, c’est-à-dire les clients finaux”, a expliqué sa gérante Emmanuelle Sée lors du lancement du fonds. Plus précisément, la gérante intègre dans le fonds quatre dimensions : la production d’énergie verte (éolien, panneaux solaires…) ; les technologies liées à l’hydrogène (électrolyseurs, les piles à combustion, etc.) et les composants ; la production, le stockage et la distribution d’hydrogène ; et l’utilisation finale via les puces, les voitures ou certaines entreprises industrielles… Ce fonds présente des biais sectoriels (sur l’industrie, l’énergie, les matériaux…) et géographiques en faveur de l’Europe et de l’Asie. 
Les valeurs technologiques ont flambé ces dernières années, mais elles souffrent fortement depuis janvier. La thématique de la digitalisation conserve néanmoins tout son attrait, tant le processus paraît incontournable. Elle peut recouvrir différentes sous-thématiques, car les gérants ont affiné leur approche. Ainsi, Pictet AM met l’accent sur le besoin de sécurité informatique, au travers de son fonds Pictet Security. La boutique Pléiade AM vient de lancer une stratégie de niche sur les entreprises du cloud B2B (PAM Cloud Revolution). Le cloud “bénéficie de l’accélération de la digitalisation des entreprises, encore à ses débuts”, estime la société de gestion. Autres propositions intéressantes : le fonds Echiquier Artificial Intelligence, qui investit dans des sociétés qui participent ou bénéficient de l’essor de l’intelligence artificielle.  
Âmes sensibles s’abstenir : les performances du fonds font le yoyo : + 79 % en 2020, + 8 % en 2021 mais – 44 % depuis le début de l’année 2022 ! Enfin, Edmond de Rothschild AM propose une solution big data, au profil défensif, qui mise sur la transformation des certains modèles d’activités liées à l’utilisation massive de données. 
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