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Par : Dave Keating | EURACTIV.com | translated by Arthur Riffaud
23-05-2022 (mis à jour: 02-06-2022 )
Environ un quart de la consommation d’énergie finale de l’UE sert à chauffer les espaces dans lesquels nous vivons et travaillons. [s_p_a_c_e_m_a_n / Flicker]
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Les mesures incitatives gouvernementales en faveur de l’installation de nouvelles chaudières à combustibles fossiles devraient être interrompues « beaucoup plus rapidement » en raison de la guerre menée par la Russie en Ukraine, a expliqué un responsable de l’UE, affirmant que l’échéance actuelle de 2027 est « beaucoup trop tardive » et doit être avancée.
Un des sujets les plus controversés actuellement à Bruxelles est l’énergie russe, et notamment quand et comment arrêter de l’utiliser.
La Commission européenne a dévoilé, mercredi 18 mai, ses propositions, dans le cadre du plan RePowerEU, qui visent à renforcer les objectifs en matière d’énergies renouvelables et à construire rapidement de nouvelles infrastructures pour permettre les importations en provenance de fournisseurs de combustibles fossiles non russes.
Les pays de l’UE continuent également de débattre d’une proposition d’interdiction des importations de pétrole russe d’ici à la fin de l’année.
Cependant, les législateurs négligent peut-être la solution évidente qui se trouve tout près d’eux, dans le bâtiment même où ils sont assis.
Les bâtiments représentent 40 % de la consommation finale d’énergie de l’UE et 36 % de ses émissions de gaz à effet de serre. L’amélioration de l’efficacité énergétique pourrait rapidement faire baisser ces chiffres, mais inciter à la rénovation des bâtiments anciens s’est avéré difficile.
L’UE s’est efforcée d’encourager les rénovations visant à économiser l’énergie, notamment en imposant une obligation modeste aux bâtiments publics, mais l’Union n’a pas atteint son objectif d’efficacité énergétique pour 2020.
L’année dernière, la Commission a proposé de refondre la directive sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD) dans le cadre d’un paquet législatif visant à réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre en Europe avant la fin de la décennie.
Cette refonte permettrait d’augmenter le rythme et la portée des rénovations des bâtiments, d’améliorer les connaissances sur la performance énergétique et la durabilité des bâtiments, et de garantir que tous les bâtiments seront conformes aux exigences de neutralité climatique de 2050.
Cela pourrait réduire la quantité d’énergie russe nécessaire, et la future présidence tchèque de l’UE a identifié cette loi comme une étape importante pour y parvenir.
La Commission européenne doit présenter mercredi (18 mai) son plan pour s’affranchir des combustibles fossiles russes mais on constate des oublis majeurs lorsqu’il s’agit de la décarbonation du chauffage et des systèmes de refroidissement
Une élimination progressive et plus rapide des chaudières à combustible fossile
Cette proposition de refonte a toutefois été présentée bien avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Stefan Moser, un responsable du département de l’Énergie de la Commission européenne, a déclaré que l’exécutif européen en était bien conscient et qu’il comptait désormais sur le Parlement européen et les États membres pour aligner la directive EPBD sur les ambitions renforcées de l’UE en matière d’énergie propre.
Il a également suggéré qu’il faudrait peut-être revoir l’exigence actuelle selon laquelle les États membres ne doivent plus fournir de mesures incitatives pour l’installation de chaudières alimentées par des combustibles fossiles d’ici 2027.
« Maintenant, bien sûr, avec l’agression russe du 24 février, nous sommes confrontés à une situation où l’objectif politique en soi est en fait d’éliminer progressivement la consommation de gaz naturel, ou du moins de la réduire, beaucoup plus rapidement, car nous savons que nous ne serons pas en mesure de remplacer tout le gaz russe dans un délai raisonnable à des prix acceptables », a-t-il déclaré aux participants d’un événement EURACTIV en début de semaine.
« Pour cette raison, de très bons arguments existent pour dire que 2027 est beaucoup trop tard. Il ne devrait plus y avoir de financement de solutions dont nous n’avons plus besoin et nous devrions nous en sortir plus rapidement. »
Cependant, le succès ou l’échec de la refonte de la directive EPBD dans la réduction des importations d’énergie russes dépendra de l’action des Etats membres.
« Nous aimerions améliorer les cadres nationaux», a expliqué M. Moser. « Les États membres resteront aux commandes, mais nous avons remarqué jusqu’à présent un certain nombre de faiblesses qui ont eu un impact négatif sur l’efficacité de la politique de construction. L’une d’entre elles est la qualité des informations contenues dans les certificats de performance énergétique, mais aussi le manque d’approche stratégique en ce qui concerne les bâtiments individuels. La rénovation est souvent motivée par un besoin particulier : la sécurité, l’esthétique, une fuite soudaine par exemple, mais bien souvent pas de manière globale.»
L’absence de grandes avancées dans ce domaine jusqu’à présent a été une véritable occasion manquée, a expliqué Mariangiola Fabbri, responsable de la recherche au Buildings Performance Institute Europe (BPIE), un think tank dirigé par l’industrie.
Le BPIE a commencé à examiner en 2020 dans quelle mesure les bâtiments peuvent contribuer à l’objectif de l’UE de réduire les émissions de 55 % d’ici à 2030. « Selon nos estimations, les bâtiments pourraient vraiment contribuer à 60 % de ces réductions », a-t-elle déclaré.
La clé, a-t-elle ajouté, est d’abord de minimiser la consommation d’énergie du bâtiment, puis de répondre aux besoins énergétiques restants à partir de ressources renouvelables. Mais cela nécessitera un grand nombre de rénovations. « Les nouvelles constructions dans l’UE représentent une très faible proportion… selon notre estimation, nous devrions passer à 3 % de taux de rénovation annuels. »
Le BPIE a publié un rapport en début de semaine portant sur les pays qui dépendent du gaz russe. « Nous avons examiné la rénovation des murs et des toits, des mesures très simples », a-t-elle déclaré. « Sur ces huit États membres, nous avons constaté qu’en moyenne, 45 % de la consommation finale d’énergie pouvait être économisée, et 44 % de la consommation de gaz dans le chauffage des locaux résidentiels pouvait être économisée. »
Les premières négociations de coalition gouvernementale sont sur le point de s’achever à Berlin, les Verts ayant obtenu des concessions de dernière minute, telles que l’accélération de l’abandon du charbon.
Améliorations de la directive EPBD
Erkki Maillard, vice-président principal chargé des affaires européennes de l’entreprise énergétique française EDF, a déclaré qu’ils accueillaient favorablement la proposition de RePowerEU mais qu’ils espéraient quelques améliorations de la part du Parlement européen et des Etats membres au cours du processus législatif.
« Si vous voulez vraiment cibler les bâtiments les plus mauvais en termes d’émissions, car vous avez beaucoup de bâtiments existants et 70 % seront encore là d’ici 2050, nous devrions intégrer cet élément relatif au CO2 dans le certificat d’efficacité énergétique », a-t-il déclaré. « Il devrait faire partie du passeport mis en place et être intégré dans les normes d’émissions obligatoires proposées. » En ce qui concerne la mobilité et l’ajout de points de recharge électrique, il a déclaré que la distinction dans le texte entre les bâtiments résidentiels et non résidentiels devrait être supprimée.
Brice Lalonde, président de la plateforme de décarbonation à but non lucratif Équilibre des Énergies, a déclaré qu’une modernisation numérique, allant de pair avec les modernisations de la brique et du mortier, sera la clé de cet effort.
« Vous avez besoin de compteurs intelligents, car il est très important de savoir exactement ce qui se passe afin d’économiser davantage d’électricité », a-t-il déclaré. « La production de chaleur issue des énergies renouvelables est essentielle. Nous pensons que les nouvelles réglementations sur les habitations pourraient peut-être introduire une disposition stipulant que toutes les habitations devraient être équipées de systèmes photovoltaïques. Même si le propriétaire ne décide pas d’installer des systèmes solaires, la maison devrait au moins être prête à le faire pour que cela puisse se faire plus tard. »
Pour sa part, M. Maillard a déclaré que l’un des aspects de cette refonte qui sera déterminant est que les États membres partagent leurs meilleures pratiques entre eux. « En Europe, vous avez de bonnes et de mauvaises pratiques, de bonnes et de mauvaises réglementations. La réglementation peut faire ou défaire cette vague de rénovation et ces investissements. Si vous regardez des pays comme la Finlande, l’Italie ou les Pays-Bas, ils ont tous décidé de réduire les taxes sur l’électricité et cela a stimulé le marché des pompes à chaleur. Certains d’entre eux ont également soutenu l’investissement initial. »
> Regardez l’intégralité de l’événement EURACTIV ci-dessous :
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