Le secteur industriel absorbe plus de 22% de la consommation énergétique totale.
Sa compétitivité doit se baser sur sa capacité à prendre en compte le problème climatique.
 
Par : David William
 
Utilisation des énergies renouvelables, lampadaires économes en énergie pour l’éclairage extérieur, installation de chauffe-eau solaires, toitures solaires photovoltaïques pour la production de l’électricité… telles sont les pistes que doivent dorénavant explorer les industriels marocains pour diversifier leurs sources d’énergie et, surtout, économiser de l’énergie.
L’enjeu est d’abord économique, puisque cela leur permet de réduire leurs factures énergétiques et donc d’être plus compétitifs. Il est également d’ordre environnemental, d’autant que cela permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce que Mustapha Bakkoury, président de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen), a parfaitement bien résumé lors de la 4ème édition des Matinées de l’industrie, tenue le 18 février courant : garantir la disponibilité de l’énergie en tenant compte de la dimension environnementale.
Si le secteur industriel est l’objet d’une attention toute particulière, c’est parce qu’il représente plus de 22% de la consommation énergétique totale. Et les autorités tablent sur la réduction de la consommation énergétique nationale de 17% dans l’industrie à l’horizon 2030, dans le cadre notamment de la mise en oeuvre de mesures d’efficacité énergétique.
Selon l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE), les combustibles produits pétroliers représentent près de 70% de la consommation finale du secteur industriel. Par ailleurs, le secteur de l’agroalimentaire est le deuxième consommateur d’énergie après celui des matériaux de construction.
Les autres principaux secteurs consommateurs d'énergie et dont le potentiel d’économie d’énergie reste important pour la compétitivité industrielle nationale sont le secteur textile (principalement de l'électricité), le secteur minier et la transformation des métaux, estime l’AMEE, qui identifie deux grandes catégories d’industries.
Il y a, d’un côté, l’Industrie grande consommatrice d’énergie (IGCE), où sont classés l’industrie sucrière, le ciment, le papier, la pâte à papier, les matériaux de construction, les sidérurgies, le phosphate, les acides et les engrais. «Pour ces industries, le paramètre énergie est déterminent dans le coût de production», note l’Agence.
D’un autre côté, il y a l’Industrie légère consommatrice d’énergie (ILCE), où l’on retrouve les industries agro-alimentaires, textile et cuir, autres & bâtiment et travaux publics, chimie parachimie, industrie mécanique, métallurgique et électrique, et divers. «Pour ce type d’industries légères ou diffuses, le paramètre énergie est souvent moins déterminant dans la fonction de coût de production», assure l’Agence, qui estime toutefois que le pourcentage d'économie d'énergie potentiel dans la grande majorité des entreprises industrielles peut aller de 10 à 48%.
 
Développer des synergies
Pour Bakkoury, il faut mettre en place une véritable feuille de route alliant les acteurs institutionnels publics et les acteurs privés, à travers une plus grande synergie d’actions pour une stratégie gagnante sur l’énergie, mais aussi sur l’industrie. Une industrie dont la «compétitivité dépend de la manière dont l’équation de l’énergie est abordée», précise le président de Masen, qui estime que «c’est un défi pour lequel le Maroc dispose d’atouts véritables».
Pour preuve, argumente-t-il, le Maroc a mis en place une vraie stratégie énergétique qui a commencé à donner des résultats probants au niveau du secteur électrique. Dès lors, il s’agit de réorienter tous ces atouts en direction d’un avenir industriel prometteur, qui doit néanmoins baser sa compétitivité sur sa capacité à prendre en compte le problème climatique.
C’est la raison pour laquelle le mix énergétique au Maroc est ouvert sur toutes les techniques et les nouvelles sources des énergies renouvelables. Et ce n’est donc pas un hasard si le Royaume ambitionne de développer le secteur de l’hydrogène afin d’améliorer la performance technique des énergies renouvelables, plus particulièrement dans le stockage, et son utilisation dans les secteurs industriels ou le transport.
 
L’audit énergétique obligatoire
L’audit énergétique obligatoire, publié au B.O le 2 mai 2019, s’applique aux consommateurs dont la consommation finale totale d’énergie exprimée en tonne équivalent pétrole (tep) est supérieure à :
• 1.500 tep/an pour les entreprises et les établissements relevant du secteur de l’industrie, y compris les entreprises et les établissements de production d’énergie;
• 500 tep/an pour le secteur tertiaire (les secteurs du tourisme, de la santé, de l’éducation, de l’enseignement, du commerce et des services), les entreprises et les établissements de transport et de distribution d’énergie et pour les personnes physiques.
Les entreprises industrielles dont la consommation énergétique finale totale dépasse les 1.500 tep sont tenues de déclarer leur consommation à l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique et d’établir donc un audit énergétique.
 

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