mars 15, 2022
Avec l’ambition de faire du Maroc un champion en la matière
L’adoption volontariste de technologies comme les smart grids et l’IoT ira dans le sens d’une production et d’une consommation intelligentes. L’efficacité énergétique passe également par l’intégration des considérations énergétiques et éco-climatiques dans la planification de l’aménagement du territoire.
La transition énergétique occupe une place importante dans le nouveau modèle de développement (NMD). Dans ce sens, l’ambition du NMD du Maroc est de faire de l’énergie un levier d’attractivité et de développement, dans la perspective d’enclencher un véritable choc de compétitivité, autour de critères de prix et de modes de production bas carbone. Une telle approche permettra, par ailleurs, de renforcer la sécurité énergétique du pays (en volumes et en prix) et de l’ériger en acteur mondial dans la durabilité et dans le domaine des énergies renouvelables, avec une impulsion forte à la R&D et à l’industrialisation des équipements de production énergétique.
Tenant compte des éléments du diagnostic et de l’ambition proposée, six orientations stratégiques ont été identifiées dans la perspective d’accélérer le processus de transition énergétique du Maroc et de lui permettre de répondre au mieux à ses besoins en termes de compétitivité économique et de durabilité. Il est question de la mise en place d’une nouvelle architecture institutionnelle autour d’un régulateur fort, indépendant et crédible pour l’ensemble du secteur : cette nouvelle organisation doit accompagner l’augmentation de la production décentralisée et de nouveaux entrants et doit encadrer le rôle des acteurs traditionnels dans une logique de libéralisation et d’efficience. Une telle libéralisation doit être assortie d’incitations et de sanctions par un régulateur fort, indépendant et compétent. Cela exige d’actionner pleinement le rôle du régulateur dans les phases critiques de la chaîne de valeur de l’énergie (production / approvisionnement – transport – distribution / commercialisation).
Enfin, la régionalisation de la distribution constitue l’opportunité de modifier les incitations des sociétés de distribution en levant progressivement le monopole sur la moyenne tension et en autorisant le développement de la génération. Par ailleurs, le NMD préconise de mettre en place une politique tarifaire transparente, dynamique et compétitive, reposant sur une séparation claire du rôle des acteurs : les objectifs de la politique de tarification de l’énergie doivent être clairement énoncés et doivent favoriser la transparence (accès à l’information du régulateur), le dynamisme (en accompagnant les changements du marché), et la concurrence (garantie des tarifs les plus compétitifs possible).
Pour accompagner une telle politique, il est impératif de compléter les réformes consistant à approfondir le marché de l’électricité et du gaz, en mettant en concurrence les sources de génération (électrique) et les sources d’approvisionnement (gaz) et en dégroupant clairement les activités de service public (transport et distribution) et celles du secteur marchand (production et commercialisation). La séparation des rôles de production, transport et distribution pourrait également être accompagnée par un renforcement des acteurs au niveau régional, la région étant le maillon idoine pour traiter et gérer le défi de la continuité et de la sécurisation de l’approvisionnement en électricité.
Par ailleurs, il s’agira de restructurer l’ONEE pour lui permettre d’assurer sa fonction stratégique de modernisation du réseau de transport d’électricité et d’accompagnement de la réforme du secteur : la restructuration et
l’établissement d’une autonomie stratégique et financière de l’ONEE est essentielle pour davantage de transparence sur le coût réel de l’énergie, qui est un préalable nécessaire à la clarification du coût réel pour l’Etat, à la revue de la tarification pour les usagers et à la mise en concurrence entre producteurs sur une base de référence juste et comparable. Le NMD pousse en outre vers le développement de la production décentralisée, efficace et intelligente, pour donner un accès à une électricité compétitive dans les territoires: la production décentralisée permettra de renforcer la fiabilité, la résilience, l’équilibre et la compétitivité du réseau énergétique en accompagnant les nouvelles formes de production par des technologies optimisant les rendements, minimisant les pertes et capitalisant sur les infrastructures existantes. L’installation de smart et grids d’autoproduction et de développement d‘énergie renouvelable dans l’industrie, l’agriculture ou encore le résidentiel permettra de maîtriser la consommation énergétique de l’auto-producteur et d’injecter une partie de l’excédent dans un marché régulé et adaptable.
Une vision globale de l’efficacité énergétique doit s’articuler autour d’objectifs précis assortis de mécanismes de suivi-évaluation assurant l’atteinte de ces mêmes objectifs. L’adoption volontariste de technologies comme les smart grids et l’IoT ira dans le sens d’une production et d’une consommation intelligentes. L’efficacité énergétique passe également par l’intégration des considérations énergétiques et éco-climatiques dans la planification de l’aménagement du territoire. La déclinaison de toute politique publique et stratégie sectorielle doit répondre aux impératifs de la transition énergétique, notamment à travers l’alignement sur les standards et législations les plus avancés dans les domaines énergivores tels que les transports, le bâtiment, et l’industrie.
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