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Avec le plan «RePowerEU» doté de 300 milliards d’euros, l’Union européenne veut s’affranchir du gaz russe tout en maintenant son objectif de neutralité carbone d’ici à 2050. Renforcer la production d’énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, taxer les produits carbonés… Ses objectifs sont autant d’opportunités pour les investisseurs. Analyse de Laurent Trulès et Tristan Fava, coordinateurs de l’investissement responsable pour Dorval Asset Management, co-gérants du fonds Dorval European Climate Initiative.
En matière d’énergie comme de santé, l’Union européenne prend conscience de la nécessité de se donner les moyens pour renforcer sa souveraineté. Déjà en 2020, la crise sanitaire liée à la Covid-19 avait souligné la dépendance européenne vis-à-vis de ses fournisseurs étrangers (Chine, Corée du Sud) pour s’approvisionner en médicaments et la nécessité de se doter d’un outil productif pour produire ces ressources sanitaires sur son sol. En février dernier, l’invasion russe en Ukraine a mis en lumière une autre dépendance extérieure, tout autant stratégique: l’approvisionnement en énergie. Face à la menace d’une pénurie de gaz, dans un contexte inflationniste et de tensions sur les prix de l’énergie, les dirigeants européens auraient pu faire le choix d’apporter une réponse de court terme se détournant de leur objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Mais ils ont fait le choix politique et stratégique de réaffirmer l’engagement européen en faveur du développement d’une énergie propre, en vue de devenir le premier continent à opérer cette transition écologique indispensable pour préserver le climat. Cette transition permettant en effet de répondre à plusieurs enjeux: souveraineté, sécurité, climat, balance commerciale, etc.
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À ce jour, nos économies restent extrêmement dépendantes des énergies fossiles (gaz, pétrole). Pour changer cette donne, la Commission européenne a présenté le 18 mai son plan d’action «RePowerEU» («réénergiser l’Union européenne»). Ce paquet législatif et de recommandations à l’attention des 27 États membres est doté de 300 milliards d’euros d’investissements, principalement issus de fonds existants. L’objectif de ce plan stratégique européen vise à s’affranchir totalement des importations de gaz russe avant 2030. Pour y parvenir, l’Union européenne veut, d’ici à 2030, tirer 45% de sa consommation énergétique de sources renouvelables (éolien, solaire, marin, biomasse, géothermie… et l’hydrogène, sur lequel l’Europe entend devenir leader mondial), tout en améliorant de 13% l’efficacité énergétique des bâtiments ou des appareils par rapport à 2020. Sur ce point, des plans d’action sont déjà mis en œuvre: par exemple, 10 millions de pompes à chaleur seront installées en Europe au cours des cinq prochaines années.
En effet, la souveraineté énergétique repose également sur la sobriété de nos consommations énergétiques. Alors que les scientifiques et les organisations non gouvernementales (ONG) alertent sur cette nécessité depuis 30 ans, c’est la première fois qu’elle est affirmée collectivement, et portée par les pouvoirs publics avec succès. Souvenez-vous, le 4 avril 2022, lorsque RTE a appelé à réduire la consommation d’énergie pour éviter un «black-out»: les médias ont relayé cet appel, et les citoyens l’ont entendu. La panne géante a pu être évitée. RTE expliquant à cette occasion que «si tous les Français éteignent une ampoule, cela entraîne une économie de consommation d’électricité de 600 MW soit environ la consommation d’une ville comme celle de Toulouse». Mais surtout, cette situation inédite a montré l’importance d’une action collective, planifiée et soutenue par une infrastructure européenne. La France ayant pu importer à ses voisins de l’électricité pour éviter ce black-out. Ce changement de mentalité est un facteur crucial pour atteindre la souveraineté énergétique et l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2030.
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Pour ne plus dépendre des importations de gaz russe ou de pétrole, l’Europe doit renforcer ses capacités de production d’énergies propres. En 2020, la part des énergies renouvelables dans la consommation européenne a atteint 22,1% (source: Eurostat), dépassant l’objectif de 20% en 2020 qui avait été fixé en 2009. L’ambition de «RePowerEU» est de doubler cette part au cours des 8 prochaines années. Cet objectif est ambitieux mais réaliste: en effet, quelles que soient les énergies renouvelables considérées, en moyenne 2 années suffisent pour construire de nouvelles capacités de production opérationnelles (contre 5 ans pour une usine de gaz naturel liquéfié, et 15 ans pour une centrale nucléaire). Par ailleurs, «RepowerEU» prévoit d’alléger les délais administratifs et vise à délivrer des permis en moins d’un an dans des zones «favorables» identifiées par les États. Faire le choix des énergies renouvelables est donc aussi la voie la plus rapide pour se doter de nouvelles unités de production d’énergie sur le sol européen.
Au-delà de cet enjeu de volume de production, l’Europe s’efforce de mieux partager ses ressources énergétiques grâce au développement des interconnexions des réseaux électriques entre les pays membres de l’Union européenne. Ainsi, la France possède déjà 50 interconnexions avec les réseaux électriques de ses voisins, et RTE poursuit la mise en place de nouvelles interconnexions pour doubler la capacité d’échanges électriques transfrontaliers d’ici à 2035. Renforcer ces infrastructures, c’est pouvoir sécuriser l’approvisionnement en électricité à l’échelle de l’Europe entière, qui compte déjà 400 interconnexions.
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Le choix d’une énergie décarbonée sur son territoire doit constituer un atout pour faire face aux nombreux défis à venir en Europe. Soucieuse de la compétitivité de son territoire, l’Union européenne se donne l’opportunité d’imposer une taxe – voire un refus d’entrée sur le territoire – aux produits étrangers qui ne répondent pas à ses standards et normes environnementales européennes. Les premières de ces taxes entreront en vigueur entre 2023 et 2026, notamment sur l’industrie lourde et l’acier. De fait, ces mesures renforceront la compétitivité des producteurs européens face aux concurrents étrangers moins chers et moins-disant en matière de développement durable.
Plus compétitifs, les producteurs européens contribuant à l’atteinte de la neutralité carbone deviendront plus attractifs tout en participant à la réindustrialisation souhaitée de l’Europe et à la création d’emplois sur le territoire européen. Les producteurs étrangers qui voudraient continuer de vendre sur le marché européen devront s’aligner sur ces nouveaux standards. L’effet positif de cette taxe en faveur du climat et de la transition énergétique pourrait donc dépasser les frontières de l’Europe.
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Pour les investisseurs, le plan de souveraineté énergétique de l’Union européenne ouvre des opportunités: il y a actuellement un potentiel de croissance pour les sociétés qui participeront au développement de ces énergies renouvelables, à l’amélioration des solutions de stockage et à l’optimisation de l’efficacité énergétique. Pour participer à l’essor de ces entreprises et au financement de leurs projets, les investisseurs ont donc l’occasion de donner du sens à leur épargne en investissant dans un fonds climat, alliant recherche de performance et allocation d’actifs en faveur de la souveraineté énergétique européenne et de l’environnement.
Le fonds Dorval European Climate Initiative est exposé aux risques spécifiques suivants : risque actions, risque de change, risque de taux, risque de crédit, risque lié à l’utilisation des instruments dérivés financiers et risque de durabilité. Le capital investi n’est pas garanti.
Les exemples cités reposent sur la base d’analyses propres à Dorval AM en date du 19/05/2022. Ils ne constituent pas un engagement ou une garantie. Cette dernière se réserve la possibilité de faire évoluer ses analyses.
DORVAL ASSET MANAGEMENT:
Société Anonyme au capital de 303 025 euros – RCS Paris B 391392768 – APE 6630 Z – Agrément AMF n° GP 93-08 – Siège social: 1 rue de Gramont – 75002 Paris – Tél +33 1 44 69 90 44 – www.dorval-am.com
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Publi-rédactionnel [DORVAL AM] – Investir dans les énergies renouvelables: un enjeu de souveraineté et d’ambition climatique pour l’Europe
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