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Un flop de la réglementation thermique de la construction au Maroc : l'inutilité de l'isolation des planchers en emprise sur le sol – Ecoactu






Dans sa version simplifiée, dite « prescriptive », la Réglementation Thermique de la Construction au Maroc (RTCM)[1] exige que les planchers en emprise sur le sol soient isolés pour les bâtiments situés dans les zones climatiques les plus chaudes du pays (classées 5 et 6 et s’étendant de Marrakech jusqu’à Errachidia). En effet, cette approche prescriptive exige qu’ils aient une résistance thermique supérieure à 1 m².K/W, ce qui ne peut être obtenu sans isolation thermique. Une étude scientifique expérimentale récente montre que cette exigence est une aberration.
Basée sur des mesures expérimentales, une étude scientifique marocaine portant sur la relation entre la température météorologique, celle du sous-sol et celle du plancher en emprise sur le sol d’un bâtiment, a été récemment acceptée pour publication dans une revue éditée par l’American Society of Mechanical Engineers (ASME)[2].
Avec la patience qu’exige la recherche scientifique expérimentale, elle a montré l’effet bénéfique d’une dalle sur terre-plein sans aucune isolation sur la performance thermique d’une maison à Marrakech. L’effet a été clairement mis en évidence à travers un monitoring de longue durée de la température de la surface de ce plancher pendant plus de 5 ans. La température météorologique ainsi que celle du sous-sol à six profondeurs variant de 40 cm à 6 m ont-elles aussi été mesurées.
Une corrélation entre les températures mesurées montre que celle de la surface du plancher sur terre-plein est pratiquement équivalente à celle du sol à une profondeur d’environ 1.6 m. Il s’ensuit qu’un plancher sur terre-plein non isolé équivaudrait au mur d’une maison enterrée à cette profondeur, avec tout le bénéfice sur le confort thermique intérieur qui en découle, du fait de l’inertie thermique du sol. Par ailleurs, la température de surface du plancher sur terre-plein a été correctement corrélée à la température ambiante météorologique, ce qui permet de prédire la première à partir des mesures météo, et donc de préjuger sans ambiguïté du bénéfice thermique d’avoir évité d’isoler ce plancher.
Ainsi, les résultats de l’étude ont aussi montré que la température de surface du plancher sur terre-plein non isolé est comprise entre 18 °C et 27 °C durant plus de 90% du temps et que celui-ci contribuait :
Ceci signifie, notamment, que le rez-de-chaussée d’un immeuble ou d’une maison exigerait plus d’énergie de climatisation (en chaud et froid) s’il était conforme à la RTCM actuelle.
Ce genre de résultats aurait même pu être démontré par des calculs mais, compte tenu du peu de confiance qui est fait dans les chercheurs marocains, les auteurs ont considéré qu’il fallait utiliser les « armes lourdes » des preuves expérimentales pour contrecarrer une Loi existante.
Les leçons à tirer sont :
Par Amin BENNOUNA (sindibad@uca.ac.ma)











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