Deuxième pilier de la stratégie énergétique nationale, l’efficacité énergétique devrait permettre d’économiser 20% sur la facture du pays à l’horizon 2030. Le «flottement» qui a suivi la réalisation, entre 2008 et 2013, des projets inscrits dans le Plan national d’actions prioritaires (PNAP), a été gommé par l’orientation des efforts vers d’autres secteurs où la dynamique a repris grâce aux réformes et à l’amélioration de la gouvernance de l’efficacité énergétique. Les détails.
L’efficacité énergétique constitue le 2e pilier de la Stratégie énergétique nationale, mise en place en 2009. Parallèlement au développement des énergies renouvelables, elle a été érigée en priorité nationale et devrait permettre au Royaume de réaliser 20% d’économie sur sa facture énergétique à l’horizon 2030, soit l’équivalent de 145 milliards de DH, si l’on s’en tient aux dernières estimations.
Une première dynamique enclenchée par le PNAP
Entre 2008 et 2013, l’efficacité énergétique a connu une vraie dynamique à travers la mise en œuvre du Plan national d’actions prioritaires (PNAP). En effet, ce plan a permis de concrétiser plusieurs actions d’envergure, notamment : la généralisation des lampes à basse consommation avec 13,5 millions d’unités installées qui ont engendré l’effacement de 330 MW en pointe et une économie de 2.000 GWh ; la tarification sociale et incitative de type 20-20, pour tous les résidentiels et collectivités locales, qui a permis une réduction de 1.474 GWh ; la tarification super pointe pour la THT qui a engendré un effacement de 95 MW pendant les heures de pointe ; l’adoption du GMT+1, qui engendre aussi un effacement de 78 MW en pointe depuis 2008 ; la tarification bi-horaire pour la BT ; la tarification optionnelle, instaurée par arrêté ministériel qui cible les clients ménages et force motrice dont la consommation dépasse 500 KWh/mois; l’acquisition de 78.000 compteurs numériques ; etc.
Ces réalisations ont notamment permis de diminuer le taux de croissance moyen de la consommation primaire d’énergie, qui a été stabilisé à 4,5% sur cette période, alors qu’il serait situé à 5,2% sans le PNAP. Cependant, après 2013, la machine de l’efficacité énergétique s’est quelque peu grippée ! Les états généraux de l’efficacité énergétique, organisés la même année à Marrakech, qui ont accouché de la Stratégie nationale de l’efficacité énergétique et où la loi 47-09 relative à l’efficacité énergétique, instituée deux ans auparavant, a été largement discutée, n’on pas eu beaucoup d’effets. Ils ont juste permis de définir le cadre légal et les domaines prioritaires de l’efficacité énergétique, ce qui a orienté les efforts vers d’autres secteurs: les mosquées vertes, l’éclairage public, le pompage solaire dans l’agriculture, les chauffe-eaux solaires dans le résidentiel et un peu vers l’industrie où le MorSEFF (Morocco Sustainable Energy Financing Facility) a donné un léger coup de pouce.
Coup de pouce du MorSEFF à l’industrie
C’est à la suite de cet appui que les gros programmes inscrits dans la continuité du PNAP ont commencé à bouger ! Ces programmes sont notamment relatifs au transport, au bâtiment et à l’industrie, qui sont les trois secteurs les plus énergivores. Dans la continuité du MorSEFF, ils sont soutenus par l’AMEE (Agence marocaine de l’efficacité énergétique), l’Amisole (Association marocaine de l’industrie solaire et éolienne) et le Cluster solaire, en partenariat avec les établissements bancaires marocains, plusieurs fonds d’investissement locaux et un fonds international, à travers le lancement du programme «Green Business Booster» qui visait à faciliter l’accès au financement aux startups porteuses d’efficacité énergétique (projets green et énergies renouvelables : solaire, éolien, hydraulique, biomasse, économie circulaire, etc.). Au niveau de la gouvernance et des réformes, des avancées ont été également enregistrées pour parachever la mise en place du cadre légal et consolider les domaines prioritaires. Depuis 2018, des commissions sectorielles d’efficacité énergétique ont été mises en place dans les cinq secteurs identifiés comme étant les plus énergivores au Maroc. Il s’agit du transport, qui représente 30% de la consommation nationale (CN), du bâtiment (25% de la CN), de l’industrie (21%), de l’éclairage public (14%) et de l’agriculture (13%).
Une meilleure gouvernance et une accélération des réformes
Tous ces secteurs disposent, depuis, de leurs commissions d’efficacité énergétique respectives, dont chacune regroupe toutes les parties prenantes concernées par l’efficacité énergétique. Dans l’industrie par exemple, qui a été la première à être constituée, la commission se compose de représentants des ministères de la Transition énergétique, de l’Industrie, de l’Agriculture, de l’Économie et des finances, d’institutions publiques, de la Fédération de l’industrie et de l’Amisole. Depuis décembre 2019, il y a eu aussi l’entrée en vigueur du décret N°2-17-746 relatif à l’audit énergétique obligatoire et aux organismes d’audit énergétique (voir article page 13). Sont notamment concernés les établissements, les entreprises et les personnes physiques dont la consommation d’énergie thermique dépasse 1.500 tep (tonne équivalent pétrole) par an, pour les entreprises et les institutions du secteur industriel, et 500 tep par an pour celles exerçant dans le secteur tertiaire. Il y a eu aussi, entre autres, la mise en place de normes pour réglementer les importations massives d’appareils électriques, la transformation de la SIE (Société d’investissement énergétique) en Super Esco d’État, le lancement d’un War Room Green Economy au sein de l’industrie pour accompagner la décarbonation de ce secteur et le lancement du grand chantier de l’exemplarité de l’État. D’ailleurs, dans ce dernier cadre, l’AMEE a déjà signé plusieurs conventions de partenariat avec des ministères et des administrations pour les aider à réduire leurs factures énergétiques.
Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO

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