Élu USFP de la région d’Essaouira, Mohamed Malal a présidé pendant la précédente législature la commission de l’Education nationale à la première chambre du Parlement. C’est un militant dynamique pour l’efficacité énergétique.
En tant que président de la commission des infrastructures et de l’énergie à la Chambre des représentants, comment voyez-vous l’évolution du secteur énergétique après la fermeture par l’Algérie du gazoduc Maghreb-Europe?
Vous savez que, depuis des années, le Maroc a élaboré une stratégie de diversification de ses sources d’énergies, en mettant le paquet sur les énergies renouvelables, solaire et éolienne. Dois-je vous rappeler que S.M. le Roi avait lancé ce grand chantier des énergies renouvelables et tracé ses contours, c’est au gouvernement de le réaliser dans des délais raisonnables. Il faut dire qu’il y a un changement qui s’opère dans ce domaine de production d’énergie. Pour nous, l’enjeu essentiel est l’autosuffisance en production d’électricité. Ce changement en cours permettra d’avoir un prix de l’énergie abordable.
Dans quel sens?
Dans le sens de créer des sociétés régionales de production et de distribution de l’électricité et de l’eau. L’ONEE, à notre sens, doit céder de ses prérogatives, d’autant plus qu’il est toujours déficitaire. La création des sociétés régionales, comme annoncé il y a quelques mois, permettra un meilleur contrôle et une gestion plus rigoureuse. Doit s’ensuivre la production régionalisée de l’électricité avec l’ouverture du secteur aux PME, aux investisseurs privés. Cela donnera également corps à la régionalisation avancée en cours d’implémentation puisque ces futures sociétés constitueront un levier pour résorber le chômage des jeunes et des niches d’investissement locales à développer.
En attendant, tout le monde parle du gaspillage d’énergie… Que faut-il faire pour y faire face?
Le gaspillage de l’énergie est en diminution, il faut miser sur l’efficacité énergétique avec des primes d’encouragement que les communes ou les établissements publics peuvent recevoir en cas de réalisation de bons résultats en termes d’efficacité énergétique. Il y a, dans ce sens, l’obligation à laquelle doivent se conformer les administrations publiques, à savoir l’usage des ampoules et matériel électrique peu consommateurs d’énergie.
L’État doit donner l’exemple en matière d’économie d’énergie, le Parlement a installé des cellules photovoltaïques pour une certaine autonomie d’électricité… Les communes sont, elles aussi, appelées à faire de même, en commençant par l’éclairage public. Il y a, certes, un investissement à consentir, mais il est vite amorti. En parallèle, les sociétés qui produisent le matériel lié aux énergies renouvelables y trouveront leur compte.
Que faire pour accélérer ce changement?
On discute au sein de la commission et, à mon sens, il y a d’abord un déficit de communication. Il faut que l’État mène des campagnes de vulgarisation aussi bien dans les médias classiques que sur les réseaux sociaux pour inciter les citoyens à adopter une attitude responsable à l’égard de la consommation d’énergie. On peut, par exemple, fixer un plafond de consommation pour telle ou telle administration ou commune locale…
C’est une culture énergétique qu’il faut installer. Il faut aussi soutenir les industriels locaux qui ont fait leurs preuves dans la production de matériel non énergivore pour créer un véritable écosystème tourné vers l’efficacité énergétique. Ce sont des idées que l’on va approfondir au sein des débats parlementaires pour nous libérer davantage des énergies fossiles qui nous coûtent cher en devises et nous met à la merci de chantages comme celui que nous fait actuellement l’Algérie.
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