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PHOTO ALESSIA PIERDOMENICO, ARCHIVES BLOOMBERG
Vue de Rome, en Italie
L’Italie est en pleine « opération thermostat » visant à réduire la consommation énergétique de ses bâtiments. Devrait-on s’inspirer de cette initiative au Québec ?
Le gouvernement italien a interdit la climatisation sous la barre des 27 ℃ – et le chauffage au-dessus de 19 ℃ – dans ses bâtiments publics. Il envisage la mise en place de mesures similaires pour les bâtiments privés et les foyers.
Cette annonce a été faite dans un contexte de rationnement énergétique dû à l’invasion de l’Ukraine. L’Italie souhaite se défaire de sa dépendance en matière d’énergie envers la Russie, de qui elle importe près de 40 % de son gaz naturel. « Voulons-nous la paix ou voulons-nous allumer notre climatisation ? », a lancé le premier ministre de l’Italie, Mario Draghi.
PHOTO MARCO ALPOZZI, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
La Piazza del Campo dans la ville de Sienne, en Italie
Les restrictions italiennes permettront d’économiser de 2 à 4 milliards de mètres cubes de gaz en 2022, soit approximativement la consommation annuelle de 2,7 millions de maisons, selon le ministre de l’Administration publique, Renato Brunetta.
Les mesures ne s’appliqueront pas aux hôpitaux et aux maisons de retraite. Un écart de 2 ℃ par rapport aux limites sera également toléré.
« Je ne suis pas surprise de voir apparaître ce genre de réglementation dans un contexte de rareté de sources d’approvisionnement causée par le conflit entre l’Ukraine et la Russie », affirme Andrée De Serres, professeure au département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « Je crois qu’on peut s’attendre à ce qu’il y ait un effet d’entraînement auprès d’autres gouvernements. »
Qu’en est-il du Québec ? « Je suis d’accord qu’on a tendance à surclimatiser nos bâtiments », avance Danielle Monfet, professeure et chercheuse au laboratoire de thermique et de science du bâtiment à l’École de technologie supérieure (ETS). « C’est sûr qu’une telle mesure ferait une différence. »
Près du tiers de la consommation totale d’énergie dans la province est attribuable au secteur du bâtiment, selon le plus récent rapport État de l’énergie au Québec. Au sein des secteurs commercial et institutionnel, 47 % de cette consommation provient du chauffage des locaux des bâtiments et 5 %, de la climatisation.
Les réalités québécoise et italienne sont toutefois bien distinctes, nuance Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal.
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal
Dans le cas de l’Italie, l’approvisionnement en gaz fait en sorte qu’il y a un argument géopolitique qui est très compréhensible par les Italiens. Au Québec, ce serait beaucoup plus difficile de faire comprendre cet argumentaire-là, parce qu’on a de l’hydroélectricité et on n’importe pas de la Russie.
Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal
Une approche similaire à celle de l’Italie n’est donc pas envisagée dans la province pour l’instant, explique Maxence Huard-Lefebvre, porte-parole d’Hydro-Québec. « On souhaite plutôt atteindre nos objectifs d’efficacité énergétique par l’entremise de programmes, par exemple celui pour des thermopompes efficaces. »
PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE
Le quartier Hochelaga-Maisonneuve et le centre-ville de Montréal
De l’avis d’Andrée De Serres et de Pierre-Olivier Pineau, la première action à faire au Québec serait de rendre obligatoire la divulgation des sources et des quantités d’énergie utilisées par les immeubles. Les propriétaires des bâtiments les moins performants seraient alors tenus d’améliorer leurs pratiques et infrastructures.
Plusieurs grandes métropoles ont instauré de telles réglementations pour leurs grands bâtiments, la grandeur étant calculée en matière de superficie ou du nombre de logements. Depuis septembre dernier, c’est le cas de Montréal, pionnier au Québec en la matière.
« Ce genre de mesure est incontournable, souligne Andrée De Serres. Et lorsque l’on n’atteint pas les objectifs avec des réglementations qui favorisent la divulgation, là, on peut passer à une autre étape avec des règlements et des lois plus contraignantes comme en Italie. »
Les moyens d’améliorer l’efficacité des bâtiments ne manquent pas, soutient Danielle Monfet. « On peut regarder l’enveloppe, le type de fenêtres, le type de murs, le type de toit ou encore les systèmes qu’on y installe. »
Pierre-Olivier Pineau donne l’exemple de bâtiments passifs, dans lesquels l’énergie apportée par les rayonnements solaires, les habitants et les équipements électroniques répond en partie ou en totalité aux besoins en chauffage. « Arriver à des températures confortables sans climatiser ou chauffer, c’est ça, l’idéal », croit le chercheur.
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